L’image aussi forte que symbolique : une berline électrique chinoise, fabriquée par un géant de la Tech qui n’a aucune expérience automobile, détrône Porsche et Tesla sur le circuit le plus exigeant du monde. En bouclant un tour de la Nordschleife en seulement 7 min et 4,957 sec, la Xiaomi SU7 Ultra devient la voiture électrique de série la plus rapide de l’histoire sur ce tracé de légende qui fait encore frissonner les meilleurs pilotes. Ce record relègue à la fois la Porsche Taycan Turbo GT (7:07,55), mais aussi la Rimac Nevera (7:05,29) au second rang. Bon, ce n’est pas encore aussi bien que le proto testé par Xiaomi l’an dernier (6 min 46 sec 8 c), mais la performance n’en reste pas moins impressionnante.
Ce qui frappe, ce n’est pas seulement le chrono. C’est le fait que cette performance vienne d’un constructeur balbutiant. En à peine quelques années, la Chine est passée du statut de suiveur à celui de leader technologique dans certains segments très pointus. Et le cas de Xiaomi en est un parfait exemple.
Une démonstration de savoir-faire
Le SU7 Ultra n’est pas qu’un monstre de puissance. C’est une vitrine de technologies, de maîtrise industrielle et de vision stratégique. Propulsée par trois moteurs électriques délivrant 1.547 ch, elle accélère de 0 à 100 km/h en 1,98 sec et atteint 346 km/h en vitesse de pointe.
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Ce qu’il y a de surprenant, c’est que Xiaomi n’a pas simplement empilé des composants haut de gamme. La voiture bénéficie d’un développement technique franchement high level : freins carbone-céramique, suspension pneumatique avec amortisseurs à double chambre, vectorisation du couple et une batterie Qilin 2.0 fournie par CATL, un autre champion technologique chinois. Constat : toutes les technologies les plus up-to-date font partie du package. Et elles sont manifestement parfaitement maîtrisées. Et c’est bien ça qui impressionne. Car il y a une dizaine d’années à peine, tout le monde rigolait bien lors des crashs tests Euro-NCAP où les voitures chinoises obtenaient une ou deux étoiles. Mais aujourd’hui, fini de rire...
D’immenses ambitions
Comment expliquer une telle ascension fulgurante ? Car l’argument de la puissance financière ne suffit pas. La Chine investit massivement dans la R&D et après avoir copié, elle n’a plus peur d’innover. En particulier, Xiaomi applique ses méthodes issues de l’électronique grand public à l’automobile : cycles de développement courts, agilité industrielle et... obsession de la performance. Et ça marche !
L’offensive est donc particulièrement symbolique et d’autant plus que le Nürburgring qui est aussi surnommé l’Enfer Vert est historiquement le terrain de jeu privilégié des marques allemandes. Plus que jamais, ce record est donc aussi un message adressé à l’Europe : la domination passée n’est plus garantie. À l’image de Tesla avant elle (et le Model S Plaid), Xiaomi montre qu’un outsider venu du digital peut renverser les règles du jeu.
Bon bien sûr, certains argueront que le record pour une voiture de série sur le Nürburgring est toujours détenu par une marque européenne, la Mercedes-AMG One (6 min 29). Mais il s’agit d’une hypercar avec un moteur de F1 qui n’a rien à voir avec une berline familiale. Et le record absolu est quant à lui toujours détenu par la Porsche 919 Hybrid Evo (5 min 19 s). Mais là encore il s’agissait d’un prototype et non d’une voiture homologuée pour la route. Seule question aujourd’hui : combien de temps cela durera-t-il encore ?
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